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Le SAV sur marketplace n’est pas le SAV e-commerce

Trois parties par fil, un délai qui n’est pas le vôtre, des langues que vous ne parlez pas : pourquoi les outils pensés pour Shopify craquent dès que vous vendez sur Amazon et quelques marketplaces européennes.

· 5 min de lecture · L’équipe Miross

Quand vous tenez votre propre boutique, le service client est une conversation entre deux personnes : le client et vous. Vous donnez le ton, vous décidez de la vitesse de réponse, vous choisissez les mots. Si vous vous trompez, vous perdez ce client.

Dès que vous vendez sur une marketplace, un tiers s’installe dans chaque conversation. C’est l’opérateur de la marketplace, et il n’est pas neutre. Il détient l’argent, il note vos réponses, et il peut cesser discrètement d’afficher vos produits. La plupart des logiciels de helpdesk ont été conçus pour la première situation. On les utilise pour la seconde, et c’est là que les vendeurs y laissent des plumes.

Voici ce qui change vraiment.

Il y a trois parties dans le fil, pas deux

Sur une marketplace qui tourne sur Mirakl (Leroy Merlin, Carrefour, MediaMarkt, Worten et des dizaines d’autres), le message d’un client ne vous est pas envoyé. Il est envoyé à la marketplace, qui vous le montre. L’opérateur peut le lire, peut répondre dans le même fil, et le fait souvent : « Cher vendeur, merci de répondre au client sous 24 heures. » Quand vous répondez, vous choisissez qui reçoit le message : le client, l’opérateur ou les deux.

Ce choix compte plus qu’il n’en a l’air. Une réponse à l’opérateur que le client ne voit jamais ne vaut pas réponse au client. Une réponse au client qui laisse en suspens la question de l’opérateur vous fait passer, chez lui, pour un vendeur qui ne répond pas. Les helpdesks généralistes n’ont pas de champ « à qui » dans la zone de réponse, parce que dans un monde à deux, il n’y a rien à choisir.

Amazon, c’est encore autre chose. Il n’existe pas de fil de messages dans une API à laquelle se brancher. Les messages des acheteurs arrivent sous forme d’e-mails depuis une adresse anonymisée, avec des règles sur ce que vous pouvez mettre dans une réponse (pas de lien vers votre site, pas de marketing), et un délai de 24 heures qu’Amazon mesure, que vous ayez vu l’e-mail ou non.

Le compteur n’est pas le vôtre

Dans votre boutique, le délai de réponse est un indicateur de satisfaction client. Sur une marketplace, c’est un indicateur de santé du compte. Les opérateurs Mirakl affichent à chaque vendeur son délai de réponse et fixent un objectif. Amazon suit la part des messages d’acheteurs traités en moins de 24 heures. Prenez du retard, et la conséquence n’est pas un mauvais avis, mais une moins bonne position dans la Buy Box, un avertissement ou un compte suspendu.

La différence pratique tient à l’origine du « en retard ». Ce n’est pas une règle que vous fixez dans votre helpdesk pour vous discipliner. C’est une échéance que la marketplace a commencé à décompter à l’arrivée du message, samedi soir compris. Une file de SAV pour vendeurs sur marketplaces doit être triée par temps restant, pas par heure d’arrivée. Ce n’est pas la même liste.

Chaque fil concerne une commande, et la commande vit ailleurs

Le SAV d’une boutique reçoit des questions sur les produits, les options de livraison, les tailles. Celui d’une marketplace porte, dans son écrasante majorité, sur une commande précise : où elle est, pourquoi elle n’est pas arrivée, comment la retourner, si le remboursement est bien passé. La commande est l’unité de travail.

Mais la commande ne vit pas dans votre helpdesk. Elle vit dans la marketplace, et le colis est chez le transporteur. Un remboursement ne se tape pas dans une réponse. C’est une action sur la marketplace, avec des états (quelles lignes, combien, y a-t-il déjà eu un remboursement partiel) et des conséquences (l’opérateur le voit, le client est prévenu par la marketplace, pas par vous).

Un outil de SAV utile sur les marketplaces doit donc lire la commande en direct avant de vous laisser en dire quoi que ce soit, et exécuter le remboursement là où il a réellement lieu, avec une étape de confirmation, parce que cette action déplace de l’argent et ne peut pas être annulée.

Vos clients écrivent dans des langues que vous ne parlez pas

Vendez sur Amazon.de, Leroy Merlin France et Worten Portugal depuis un entrepôt en Espagne, et en une matinée vous lirez de l’allemand, du français et du portugais, et l’on attendra de vous une réponse dans chacune de ces langues. Les logiciels de traduction existent, mais la traduction pour le service client a un écueil bien à elle, dont la traduction généraliste ne se soucie pas : une réponse traduite qui modifie un numéro de commande, perd un numéro de suivi ou revient dans la mauvaise langue est pire que pas de réponse du tout.

Nous avons vu un modèle de traduction renvoyer une réponse en espagnol pour un client bulgare et considérer le travail comme terminé. C’est pourquoi toute traduction qui part vers un client a besoin d’un contrôle, pas seulement d’un modèle : les mêmes références à l’entrée et à la sortie, la bonne langue à la sortie, et une personne qui l’a vue avant l’envoi.

La zone de réponse a ses règles pour chaque canal

Un client WhatsApp lit *gras* en gras. Une marketplace Mirakl supprime la mise en forme. Amazon rejette purement et simplement certains contenus. Un e-mail affiche du HTML. Les émojis passent bien sur un canal et font peu professionnel sur un autre.

Écrivez une fois, et l’outil doit faire le rendu pour le canal. S’il ne sait pas sur quel canal il écrit, il enverra des astérisques à Leroy Merlin et une URL brute à Amazon, et c’est le client qui vous l’apprendra.

Le volume arrive par pics, et il est surtout répétitif

La boîte de réception d’un vendeur sur marketplaces, un lundi matin, c’est cent fils, dont quatre-vingts sont des variantes de cinq questions : où est ma commande, elle est arrivée abîmée, je veux la retourner, envoyez-moi la facture, annulez-la. Les vingt restants demandent une personne.

Les outils qui marchent ici n’essaient pas de répondre à tout automatiquement. Ils reconnaissent les cinq questions, vérifient les faits (l’état du colis, le délai de retour, la facture) et placent un brouillon correct devant la personne, qui le lit et l’envoie. Vingt secondes par fil au lieu de quatre minutes, et aucune date de livraison inventée.

Ce que cela implique pour choisir un outil

Si la démonstration d’un éditeur de helpdesk montre une commande Shopify et un widget de chat, posez ces questions avant de signer quoi que ce soit :

  1. La zone de réponse sait-elle si elle écrit au client ou à l’opérateur ?
  2. La file est-elle triée par temps restant sur le compteur de la marketplace, week-ends compris ?
  3. L’outil lit-il la commande en direct sur la marketplace avant de laisser un agent en parler ?
  4. Peut-il exécuter un remboursement sur la marketplace, avec confirmation et journal ?
  5. Vérifie-t-il les traductions, ou se contente-t-il de les produire ?
  6. Adapte-t-il la mise en forme à chaque canal ?

Si les réponses sont non, l’outil gérera très bien vos e-mails. Il ne gérera pas votre compte marketplace. Or c’est cela, le travail.